Isabelle à la rencontre des animaux sauvages dans un centre de revalidation !

" Je suis une jeune fille de 20 ans et mon rêve, un peu particulier à mon goût, était d’aller en Afrique un jour pour m’occuper des animaux qu’on y trouve. Bien entendu, comme la plupart des enfants, en plus des contes, les Disneys avaient accompagné mes premiers pas et Le Roi Lion en particulier. Du coup, pouvoir voir un jour de mes propres yeux des lions, guépards, léopards, phacochères, etc. était un désir bien présent même si sa réalisation en était plutôt incertaine…

Et c’est alors que Mistral Gagnant est entré en scène. Ils m’ont demandé quel était mon rêve et, bien qu’un peu hésitante à demander quelque chose d’aussi grand, j’avais du mal à trouver quoi que ce soit d’autre. Je me suis donc lancée et à mon grand étonnement, ils n’ont pas eu, eux, d’hésitation. Ca a même été le contraire.

Du coup, je me suis retrouvée fin juillet 2017 à prendre un avion pour l’Afrique du Sud, toute perplexe mais en même temps impatiente de ce que me réservaient les deux prochaines semaines. Bon, peut-être aussi un peu terrifiée vu que mon anglais n’était pas des plus pratiqué… C’est ainsi que je me suis retrouvée à Hoedspruit après un saut à Johannesburg. J’ai été merveilleusement accueillie dans le HESC (Hoedspruit Endegered Species Centre) par un des student coordinator. Le programme où on m’avait inscrite se nomme « Wildlife Conservation Experience » et l’idée, c’est d’un coté travailler dans le centre pour préparer la nourriture, nourrir et s’occuper des animaux. D’un autre, avoir des séances de « cours » (si on peut appeler ça ainsi) pour nous expliquer tout ce qui nous entoure et avoir une première vue sur le métier de ranger. Finalement, avoir des visites dans les parcs qui nous entourent (comme le Parc Kruger ou le camp Jabaluni) pour profiter au mieux de notre présence en Afrique !

Dans notre groupe, nous étions 7 jeunes, dont une Chinoise, une Hollandaise, une Allemande, deux Australiens et deux Belges. Cette multiculture ne nous dérangeait pas du tout, plutôt au contraire vu qu’en plus de découvrir l’Afrique du Sud, nous pouvions avoir des aperçus d’autres pays. Le soir au coin du feu, nous apprenions régulièrement des mots de ces différentes langues en nous esclaffant sur nos prononciations respectives (je peux vous jurer que le chinois n’a rien de simple avec leurs accents montants, descendants, …).

En ce qui concerne le plus technique, les installations du camp étaient superbes. Nous avions droit à une petite case faite en terre cuite où nous logions seul ou à deux. Une cuisine commune était à disposition pour préparer ensemble nos repas du matin et du midi et pour le soir, nous aidions les coordinateurs à nous faire connaître une de leur spécialité. Bon, tout n’était pas africain mais je peux vous assurer que le gulasz hongrois est une pure merveille. Nous en avons même redemandé ce qui a fait que le repas d’Adieu était succulent.

Ce qui m’a le plus amusée mais troublée également c’est que le centre n’a pas de limitation physique en tant que telle. De ce fait, il y a des enclos pour les animaux mais aussi des sortes de grand enclos pour nous, humains et nos installations. Nous sommes vraiment enfermés car les animaux sauvages peuvent sans soucis arpenter les chemins entre les différentes parties du centre. Tous les jours nous avions par exemple la visite de girafes, impalas, gnou, phacochère et j’en passe. En plus de les voir, chaque nuit nous avions droit aux rugissements de lions qui si ont les écoutaient attentivement disaient « Ho’s this land ? … My, my, my ». Si, si  je vous jure ! Ca avait vraiment l’air d’être ça !

 

Sinon, pour ce qui concerne le travail dans le centre, un jour sur deux, nous nous levions vers 5h30 pour, à 5h50, aller préparer la nourriture des guépards. Cela consistait à peser de la viande dans de larges gamelles et la mélanger avec des suppléments alimentaires. Bien que ça paraisse peu encourageant, on s’y prêtait avec enthousiasme en chantant, riant et se racontant plein d’histoires pour essayer d’oublier l’odeur qui régnait dans la « buchery ».  Ensuite, c’était le petit déjeuner et tout de suite, la première activité de la journée : faire un premier tour du centre en pickup (toujours l’idée de n’être jamais à pied dans la nature) pour nourrir les guépards affamés. Je dis "premier" car, souvent, on allait ensuite chercher du foin, des granulés spéciaux, … pour les herbivores tels les rhinocéros (et ceux là étaient parfois si affamés qu’ils nous fonçaient dedans quand ils nous voyaient arriver !), les zèbres, les impalas, les koudous, les springboks,

Entre midi et deux heures, nous avions notre pause. L’après-midi classique était soit composé de cours, soit c’était le tour aux « petits chats » d’être nourris, ce qui veut dire les servals, caracals et petits léopard ou petits guépards qui étaient déjà sevrés. Le centre accueille aussi un bébé éléphant qui a été découvert déambulant seul dans la brousse. Normalement nous ne pouvions l’approcher, mais une fois, nous avons une la chance de pouvoir remplir de foin ce qu’on peut appeler sa tanière. Nous avions dû le faire très vite, le temps qu’il avale le biberon qui avait été préparé pour lui.

Le soir, nous restions au coin du feu pour manger mais aussi nous divertir. Ainsi, nous avons eu par deux fois une projection de film, plusieurs fois des chants à la guitare, des barbecues. Pour ceux-ci, tous les autres employés du centre étaient invités dans notre campement d’étudiants ce qui mettait une autre ambiance et nous permettait d’apprendre l’africain (c’est plutôt proche du néerlandais donc on arrivait à en comprendre quelques bribes). Le dimanche était jour off pour reprendre des forces en prévision de la semaine à venir …

Dans le centre, comme parfois les animaux avaient besoin d’intervention vétérinaire, nous pouvions les observer de bien près. En effet, nous étions conviés à porter assistance et à apprendre sur le vif. Trois cas se sont manifestés. Un jeune guépard s’est cassé une patte et pour le soigner, il fallait l’anesthésier, donc nous avons pu sans souci le toucher et l’observer sous toutes ses coutures. Un autre, adulte, avait arrêté de manger depuis deux, trois jours et, pour finir, il fallait fournir toutes les informations pour l’identité de sept bébés guépards (donc prise de sang, prise de salive pour l’ADN, taille au garrot, taille dans la longueur, …). Dans les trois situations, au final, les animaux ont été endormis et comme ils avaient tous un âge différents, il était très intéressant de regarder les changements au fil du temps (comment ils grandissaient, comment leurs membres se musclaient tout en s’affinant,…)

Autrement, nous avons aussi eu droit à une visite du camp national pour l’entrainement anti-braconnage. Nous avions déjà eu certaines séances pour nous apprendre à pister des animaux ainsi que d’autres pour voir comment les braconniers s’y prenaient afin d’attraper leurs victimes et ce qu’ils en faisaient. Munis de ces connaissances, nous avons pu assister à des démonstrations du dressage des chiens pour lutter contre ce trafique odieux. D’une part, sur un terrain d’entrainement et d’autre part dans la nature même où les chiens étaient en situation réelle. C’est franchement épatant de les voir se débrouiller, à partir d’un chiffon, pour retrouver des personnes à des centaines de mètres.

Dans les autres activités, nous avons été au parc Kruger (le plus grand parc naturel d’Afrique du Sud) où nous avons eu la chance d’observer des lions de très près, des éléphants, des macaques, des zèbres, un alligator, une hyène, des impalas, des girafes, des buffles, et bien d’autres espèces. Les oiseaux n’étaient pas en reste mais je serai bien incapable de vous redire toutes les espèces que nous avons pu croiser.

En ce qui concerne les éléphants, nous nous sommes aussi rendus au parc Jabaluni qui a une histoire assez touchante. Il y a 20 ans, un éléphant a été découvert dans la brousse blessé. Il a été soigné par les hommes et en est sorti indemne mais malheureusement, quand on a tenté de le rendre à la nature près d’un troupeau de ses congénères, il n’a jamais su s’y faire adopter. Du coup il est revenu chez les hommes et, au fil des années, les éléphants qui étaient soignés et n’arrivaient plus ensuite à vivre à l’état sauvage sont devenus sa famille. Ainsi, nous avons fait la connaissance de Jabaluni, Mango et Simbakwe. Nous avons pu les nourrir et les caresser ce qui était un peu impressionnant vu leur taille (le pire c’est quand on nous a spécifié qu’ils n’avaient pas du tout encore atteint leur taille adultes...)

Un autre jour, nous avons eu le privilège (et casse-tête en ce qui concerne le montage) de participer à un événement dans une école que le HESC soutient. En effet, nous leur avons amené quinze ordinateurs et cet arrivage était pris comme un très bon moment pour faire la fête. Grâce à ça, nous avons pu très bien manger et avons eu l’occasion de découvrir de plus près la culture du pays. En plus de discours interminables, les élèves ont préparé trois différentes chorégraphies dont deux reprenaient des danses locales. La cérémonie a ainsi été remplie de joie, émotions et mouvements (et ils savaient vraiment bien danser !).

Sinon, nous avons eu aussi eu un cours de tir mais avec un fusil d’entrainement qui sert normalement aux rangers. Celui- ci était atrocement lourd mais après deux tirs complètement ratés, j’ai réussi à le prendre en main et ainsi, j’ai même eu les cibles les plus petites, j’en suis encore très fière... Le seul souci c’est qu’on faisait le cours à l’extérieur et même si les balles d’entrainement n’allaient pas tuer les animaux aux alentours, elles pouvaient les blesser sérieusement. Du coup, dès qu’un oiseau se postait proche de nous ou que des impalas venaient brouter l’herbe juste à coté du grillage, on devait d’abord attendre jusquau moment où on aurait réussi à les faire fuir. Je peux vous assurer qu’on a bien ri avec nos tentatives ratées et les déguisements que certains endossaient en étant persuadés de leur faire peur.

Tout n’est peut-être pas noté dans ce rapide résumé de deux semaines mais je voudrais vous assurer que ce furent quatorze jours faisant partie des plus réussis dans ma vie. Je ne remercierai jamais assez Mistral Gagnant de m’avoir permis de vivre ces aventures (je pense qu’on peut les appeler ainsi) et je les remercie encore mille fois pour ce rêve qui aujourd’hui est devenu une réalité."

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